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Bureaucratie plus souvent signalée que la charge de travail

Pile de papiers sur un bureau à côté d'un stylo et d'un clavier, symbole des tracas administratifs
Image d'illustrationPhoto : Mediamodifier / Unsplash

La bureaucratie signalée plus souvent que la charge de travail

Les travailleurs citent les tracas administratifs comme un frein plus important pour leur bien-être mental qu’une lourde charge de travail. C’est ce que montre une enquête du groupe de recherche UGent@Work, rattaché à l’Université de Gand, en Belgique, menée auprès de 1.333 salariés. Parmi eux, 58 % indiquent que chaque décision doit d’abord recevoir l’aval d’un niveau hiérarchique supérieur, contre 50 % qui signalent une lourde charge de travail. Par ailleurs, 53 % disent devoir faire face à une charge administrative élevée et 47 % déclarent accomplir régulièrement des tâches qu’ils jugent eux-mêmes superflues. Selon les chercheurs, l’échantillon correspond étroitement à la population salariée belge en termes de genre, d’âge, de niveau d’études, de statut et de région.

Le risque de burn-out a été mesuré à l’aide du Burnout Assessment Tool, un instrument de dépistage comportant douze affirmations. Tous les chiffres reposent sur l’auto-évaluation et ont été mesurés à un instant donné. Le dépistage montre que 31 % des répondants se situent dans la zone de risque de burn-out : 17 % présentent un risque accru et 14 % un risque très élevé. Les chiffres varient fortement selon les régions belges : en Flandre, 28 % se situent dans la zone de risque, en Wallonie 36 %, et à Bruxelles, un groupe plus restreint d’environ 150 répondants, 44 %. D’autres facteurs de charge sont également fréquents : 65 % jugent leur travail cognitivement exigeant et 27 % disent manquer de temps pour terminer leur travail.

L’offre ne correspond pas à la demande

L’écart entre ce que proposent les employeurs et les besoins réels des travailleurs est frappant. Les organisations misent surtout sur les entretiens avec le supérieur hiérarchique (73 % le proposent), le contact avec le médecin du travail (52 %) et des formations à la gestion du stress (43 %, dont 46 % des travailleurs participent réellement). Les travailleurs attendent toutefois le plus d’ajustements des tâches ou des horaires de travail. Seuls 35 % se voient proposer cette possibilité, mais parmi eux, 76 % en font effectivement usage.

Les employeurs sont légalement tenus d’analyser les risques psychosociaux et de prendre des mesures sur cette base. Pourtant, 38 % des travailleurs interrogés ne constatent aucun effort de leur employeur sur ce plan, contre 41 % qui en constatent. L’étude montre en outre que les employeurs communiquent insuffisamment leur offre à leur personnel.

Contexte

Le constat que les travailleurs citent la pression réglementaire plus souvent que la charge de travail classique s’inscrit dans une observation européenne plus large, bien qu’il s’agisse là d’une perspective différente : celle des organisations. Dans l’enquête ESENER 2019 de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), menée auprès de plus de 45 000 établissements dans 33 pays, environ quatre établissements sur dix citaient la complexité des obligations légales comme principale difficulté dans la gestion de la sécurité et de la santé au travail. Au niveau des organisations aussi, la complexité réglementaire est donc perçue comme un obstacle majeur.

Ce constat dépasse largement le cadre de la Belgique. Dans de nombreux pays, dont tous les États membres de l’UE, les employeurs doivent évaluer et traiter les risques au travail, et les risques psychosociaux en font de plus en plus explicitement partie. Une étude comme celle-ci souligne que la politique de prévention ne doit pas porter uniquement sur la quantité de travail, mais tout autant sur le nombre d’étapes bureaucratiques nécessaires pour accomplir ce travail. Pour quiconque est responsable, à l’échelle mondiale, de la politique de prévention, c’est une invitation à examiner périodiquement la réglementation et les procédures internes afin d’en éliminer la complexité superflue, en plus de l’attention habituelle portée à la charge de travail et aux effectifs.

Source : Bien-être mental : la bureaucratie signalée plus souvent qu’une lourde charge de travail, 6 octobre 2026

Également consulté : enquête ESENER (2019) de l’EU-OSHA, Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail

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