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Un salarié sur trois signale du harcèlement au travail

Salle de réunion vide avec table en bois et chaises au bureau
Image d'illustrationPhoto : S O C I A L . C U T / Unsplash

Un salarié sur trois en France déclare avoir déjà été victime de harcèlement au travail, selon une nouvelle étude mise en avant le 6 octobre 2026 par le média professionnel français actuEL-HSE. Il s’agit de la deuxième édition du Baromètre Qualisocial, réalisée par l’institut Ipsos BVA pour le compte de Qualisocial et d’AvoSial, une association française d’avocats d’entreprise spécialisés en droit du travail. La part de victimes reste identique à celle de la première mesure, quatre ans plus tôt : malgré une attention accrue portée au sujet, aucune baisse n’est observée.

Que révèle l’étude ?

Pour le Baromètre Qualisocial, deux mille salariés ont été interrogés en ligne, au sein d’un échantillon représentatif à l’échelle nationale de personnes travaillant dans des organisations privées ou publiques d’au moins cinq salariés. Parmi eux, 33 % déclarent avoir été confrontés eux-mêmes à du harcèlement au travail, et 40 % disent en avoir été témoins. Un écart générationnel marqué apparaît concernant le harcèlement numérique : 53 % des salariés âgés de 18 à 24 ans signalent avoir subi du harcèlement en ligne au travail, contre 19 % des plus de 45 ans. Par ailleurs, 50 % des répondants disent se sentir bien informés sur la législation relative au harcèlement, contre 35 % quatre ans plus tôt. Pourtant, seuls 54 % identifient correctement un cas de harcèlement sexuel présenté dans l’enquête, et la moitié des sondés craignent que signaler un incident puisse nuire à leur carrière.

Pourquoi le problème persiste-t-il ?

Cette crainte des conséquences est, selon l’étude, plus marquée chez les femmes et les jeunes. Une psychologue du travail française citée dans l’enquête souligne par ailleurs l’évolution des formes de travail : il y a moins de place pour le collectif et la solidarité entre collègues. Les recommandations du baromètre sont d’ordre pratique. Les formations destinées aux salariés, aux managers et aux référents doivent être complétées par des modules fondés sur des cas concrets. Les organisations doivent mettre en place une procédure d’enquête impartiale dès qu’une plainte est déposée. Enfin, les canaux de signalement et les référents doivent être clairement identifiables, leur rôle rappelé régulièrement, et leur utilisation mesurée.

Contexte

Le sujet ne concerne pas seulement la France. En 2019, l’Organisation internationale du travail (OIT) a adopté la convention 190, qui reconnaît à chacun le droit à un environnement de travail exempt de violence et de harcèlement, y compris fondés sur le genre. La convention est entrée en vigueur en 2021. Les pays qui la ratifient s’engagent notamment à mettre en place des politiques de prévention, des procédures de plainte et de règlement des différends accessibles, ainsi qu’une protection des lanceurs d’alerte, des témoins et des victimes contre les représailles.

Que signifie cela à l’échelle mondiale ?

Si les chiffres sont français, les constats rejoignent des questions auxquelles les employeurs de tous les pays sont confrontés : les salariés savent-ils ce qui relève du harcèlement, et osent-ils le signaler sans craindre pour leur carrière ? La combinaison d’une meilleure connaissance des règles et d’une part de victimes inchangée suggère que la législation et la sensibilisation seules ne suffisent pas. Pour les organisations du monde entier, l’étude souligne l’importance de dispositifs de signalement réellement sûrs dans la pratique, et pas seulement sur le papier.

Source : Harcèlement au travail : un salarié sur trois dit en avoir été victime, 6 octobre 2026

Recherches complémentaires : L’Info Durable, sur le Baromètre Qualisocial, Convention 190 de l’OIT (Violence and Harassment Convention)

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