L’entreprise d’armement britannique GMK Limited doit payer une amende de 800 000 £, plus 10 306 £ de frais, après qu’une employée a été brûlée en janvier 2023 lors de l’élimination de déchets pyrotechniques. Selon l’autorité britannique de la santé et de la sécurité au travail, la HSE, l’entreprise lui a fait appliquer une méthode de travail non approuvée, utilisée depuis des années de manière informelle et sans supervision.
Ce qui s’est passé
Le 10 janvier 2023, une employée de GMK âgée de 36 ans travaillait dans un bâtiment de production à Faldingworth, dans le Lincolnshire (Royaume-Uni). Avec une collègue, elle éliminait des déchets de substance pyrotechnique. Elles utilisaient pour cela un bac métallique destiné à détruire l’excédent de poudre. Une partie de la substance est entrée en contact avec le bac chaud, s’est enflammée de manière inattendue et a provoqué un important flash. La femme a subi des brûlures aux mains, au visage et aux jambes.
Conclusions
L’enquête de la HSE a mis au jour une série de manquements. Il n’existait pour cette tâche ni évaluation des risques adaptée ni méthode de travail sûre. La méthode d’élimination utilisée n’était pas approuvée, mais, selon la HSE, elle était appliquée de manière informelle depuis des années, sans supervision ni mesures de maîtrise.
Les travaux se déroulaient en outre dans une partie du bâtiment qui n’était pas couverte par une autorisation. L’employée n’a reçu aucun équipement de protection individuelle adapté, alors que celui-ci aurait pu éviter ou limiter la blessure. Une méthode établie d’élimination des déchets existait bien, mais elle n’a pas été suivie le jour de l’incident. Par ailleurs, GMK a agi en violation de sa licence d’explosifs : des articles pyrotechniques étaient stockés dans des zones non autorisées.
GMK a plaidé coupable d’infraction à l’article 2, paragraphe 1 du Health and Safety at Work etc. Act 1974, l’obligation générale de diligence de l’employeur envers ses salariés, et à l’article 7 des Explosives Regulations 2014. Le Birmingham Magistrates’ Court a prononcé l’amende le 2 octobre 2026.
Recommandations
Aucun rapport d’enquête distinct comportant des recommandations formelles n’a été rendu public ; cet article repose sur la couverture médiatique du jugement. Selon l’inspecteur de la HSE, la blessure aurait pu être évitée avec des méthodes de travail sûres et les équipements de protection appropriés. Il a jugé très préoccupant qu’une entreprise de premier plan manque à ce point à des exigences aussi élémentaires, et espère que cette lourde amende montrera au secteur que la HSE intervient lorsque les travailleurs ne sont pas suffisamment protégés.
Les constatations en tirent des points d’attention pratiques pour les employeurs qui travaillent avec des substances explosives ou pyrotechniques : une évaluation des risques avant toute tâche inhabituelle, une méthode de travail approuvée qui est aussi réellement appliquée, une supervision des routines informelles, des équipements de protection adaptés, et des travaux et un stockage exclusivement dans des zones autorisées. Il s’agit de déductions tirées des constatations, et non de recommandations de la HSE elle-même.
Contexte
L’article 7 des Explosives Regulations 2014 britanniques prévoit que nul ne peut stocker des explosifs sans licence de stockage, et que le titulaire de la licence doit respecter les conditions de celle-ci. Des exceptions limitées s’appliquent, par exemple pour de petites quantités ou un stockage de courte durée. L’affaire montre que les conditions d’une licence et les consignes de travail internes ne protègent que lorsqu’elles sont respectées dans la pratique quotidienne. Cela vaut pour tout secteur où des substances explosives ou réactives sont manipulées.
Source : Portsmouth News: Leading Fareham firearms firm GMK Ltd fined £800k after woman suffers burns to hands, face and legs, 5 octobre 2026
Recherches complémentaires : Explosives Regulations 2014, article 7 (legislation.gov.uk)

