Le Health and Safety Executive (HSE), l’inspection britannique de la sécurité et de la santé au travail, a lancé au Royaume-Uni une campagne appelant les employeurs à ne pas attendre que des lésions auditives ou vibratoires soient déjà survenues. Le lancement coïncide avec la Bone and Joint Health Week et cible deux risques souvent sous-estimés : l’exposition au bruit et l’exposition aux vibrations des outils à main et des machines.
Quels sont les risques liés au bruit et aux vibrations ?
Selon le HSE, environ 15 000 travailleurs développent chaque année au Royaume-Uni des troubles auditifs causés ou aggravés par leur travail. Le régulateur estime qu’environ un travailleur sur cinq est exposé à des niveaux de bruit dangereux. Une exposition prolongée ou excessive au bruit peut entraîner une perte auditive définitive et des acouphènes. Les vibrations des outils à main et des machines constituent un second risque : elles peuvent provoquer le syndrome des vibrations main-bras (HAVS) et le syndrome du canal carpien, des troubles associés à des engourdissements, des fourmillements, des douleurs et une diminution de la force de préhension.
Chris Steel, inspecteur spécialiste principal bruit et vibrations au HSE, souligne que ces problèmes de santé sont évitables, mais que leurs conséquences peuvent durer toute une vie. Selon le HSE, les travailleurs ne remarquent souvent les symptômes que tardivement, lorsque certains dommages peuvent déjà être irréversibles. Les employeurs ne doivent donc pas, selon Steel, attendre l’apparition de symptômes.
Qu’attend le HSE des employeurs ?
La campagne résume la démarche attendue en trois étapes : évaluer, maîtriser et protéger. Les employeurs doivent d’abord identifier qui est exposé au bruit ou aux vibrations et réaliser une évaluation des risques appropriée. Ils doivent ensuite réduire l’exposition à la source, par exemple en utilisant des équipements plus silencieux ou moins vibrants, en entretenant correctement les machines et en appliquant des méthodes de travail plus sûres. Lorsque des risques subsistent, les employeurs doivent fournir des protections auditives adaptées, organiser une surveillance de la santé lorsque celle-ci est requise, et donner aux travailleurs information, instruction et formation.
Ces obligations découlent du Control of Noise at Work Regulations 2005 et du Control of Vibration at Work Regulations 2005, la réglementation britannique qui oblige légalement les employeurs à évaluer et à limiter ces risques. Le HSE rappelle en outre le HAVS Risk Reduction Pledge, qui s’inscrit dans son Prevention Programme, par lequel des organisations s’engagent volontairement à réduire les troubles liés aux vibrations. Les employeurs peuvent signer cet engagement auprès du Council for Work and Health. Le matériel de campagne est disponible via la campagne Work Right du HSE.
Contexte (FR)
L’exposition au bruit nocif sur le lieu de travail n’est pas un problème propre au Royaume-Uni. Des chiffres de l’institut américain de santé au travail NIOSH, basés sur des données de 2023, montrent qu’environ 16 % de l’ensemble des travailleurs aux États-Unis (environ 27 millions de personnes) ont été exposés l’année précédente à un bruit dangereux, et qu’environ 11 % de l’ensemble des travailleurs souffrent de troubles auditifs. Une précédente étude du NIOSH montre par ailleurs que 53 % des travailleurs exposés déclarent ne pas porter de protection auditive. Au sein de l’Union européenne, la directive 2003/10/CE impose également aux employeurs d’évaluer et de limiter les risques liés au bruit, avec des valeurs d’action et des valeurs limites définies pour l’exposition sonore. Au Royaume-Uni comme dans l’UE et aux États-Unis, les atteintes auditives liées au travail constituent donc un risque reconnu.
Source : Noise and vibration: HSE warns employers not to wait until the damage is done, 13 octobre 2026
Recherches complémentaires : CDC/NIOSH, Occupational Hearing Loss Surveillance (Overall Statistics, mise à jour en avril 2026), directive européenne 2003/10/CE relative à l’exposition au bruit

