Les faits
Le 12 octobre 2021, un salarié a été grièvement blessé sur un site exploité par Wedge Group Galvanizing Limited, situé sur la zone industrielle de Lords Meadow, à Crediton, dans le Mid Devon (Royaume-Uni). Pendant le processus de galvanisation, une poutre en acier de près de trois tonnes (un profilé RSJ) est tombée dans un bain de zinc fondu après la rupture de la chaîne de levage qui la suspendait au-dessus du bain. Le choc a provoqué une vague de zinc brûlant qui a recouvert un salarié de 33 ans. Ses vêtements ont pris feu et il a subi des brûlures sur 40 % de son corps.
L’homme a été transporté par hélicoptère médicalisé vers un hôpital de Bristol. Il a subi au total treize opérations, passé onze jours en soins intensifs, et a souffert d’infections et d’un sepsis en conséquence de ses blessures.
Les conclusions du HSE
L’enquête menée par le Health and Safety Executive (HSE) britannique a établi que la chaîne de levage utilisée présentait des dommages et une usure visibles, mais n’avait pourtant pas été retirée du service. Elle n’avait pas non plus fait l’objet des contrôles périodiques obligatoires pour les accessoires de levage. De plus, la manière dont la poutre était arrimée et levée était incorrecte, ce qui a fait dépasser à la charge la limite de charge admissible de la chaîne.
L’évaluation des risques de l’entreprise s’est révélée insuffisante : elle ne précisait aucune modalité de contrôle de la chaîne de levage ni de disposition correcte pour le levage. Wedge Group Galvanizing Limited a plaidé coupable d’infraction à l’article 3(1) du Health and Safety at Work etc. Act 1974. L’affaire concerne également les Lifting Operations and Lifting Equipment Regulations 1998 (LOLER), qui imposent un examen des accessoires de levage par une personne compétente au moins tous les six mois. Les recommandations du secteur et les instructions du fabricant de la chaîne vont plus loin encore, exigeant une inspection quotidienne avant usage compte tenu de l’environnement acide d’une usine de galvanisation.
Recommandations
Le tribunal de Bristol (Bristol Magistrates’ Court) a condamné l’entreprise, le 14 octobre 2026, à une amende de 566 666 £, assortie de 15 521 £ de frais de justice. L’inspecteur du HSE Alexander Ashen a qualifié cet incident de « wholly-avoidable incident » (un accident entièrement évitable) qui a contraint un jeune homme à endurer des blessures terribles. Il a déclaré qu’il était choquant qu’une entreprise leader de son secteur, disposant de ressources considérables, mette en danger la vie de ses salariés avec des protocoles d’inspection insuffisants, ajoutant que les conséquences auraient pu être plus graves encore.
Les enseignements tirés des constats du HSE sont clairs : les accessoires de levage exposés à la chaleur ou à des produits chimiques doivent être contrôlés plus souvent que le minimum légal, le matériel endommagé doit être immédiatement retiré du service, et les évaluations des risques doivent préciser concrètement comment les équipements de levage sont contrôlés et comment une charge doit être correctement arrimée avant tout levage.
Contexte
L’ampleur de cette amende s’inscrit dans une tendance plus large. Selon les lignes directrices du Sentencing Council en matière d’infractions à la santé et à la sécurité (Angleterre et Pays de Galles), le montant de l’amende dépend notamment de la taille de l’organisation (son chiffre d’affaires), de la gravité de l’infraction et du degré de responsabilité. Pour les catégories les plus graves, les grandes entreprises (chiffre d’affaires d’environ 50 millions de livres ou plus) peuvent se voir infliger des amendes allant jusqu’à 10 millions de livres, tandis que les microentreprises risquent au maximum environ 450 000 £ ; lorsque le chiffre d’affaires dépasse largement ce seuil, le tribunal peut même aller au-delà des plafonds indicatifs. Cela explique pourquoi les amendes infligées à une entreprise industrielle de premier plan comme Wedge Group Galvanizing peuvent dépasser largement le demi-million de livres.
Pour les professionnels EHS du monde entier, cette affaire illustre un risque qui ne se limite pas au Royaume-Uni. Les opérations de levage au-dessus de bains de métal fondu, de vapeurs agressives ou d’autres conditions extrêmes exigent des fréquences de contrôle allant au-delà du minimum légal, ainsi que des évaluations des risques qui le formalisent concrètement. Une responsabilité comparable de l’employeur en cas de contrôle insuffisant des équipements de levage et d’évaluation des risques existe dans la quasi-totalité des systèmes juridiques disposant d’une législation sur la santé et la sécurité au travail, de la réglementation de l’OSHA aux États-Unis aux directives européennes relatives aux équipements de travail. Le message central est universel : le contrôle périodique est un minimum légal, et non une garantie de sécurité, dans un environnement qui accélère le vieillissement des matériaux.
Source : Half-a-million pound fine for company after worker suffers 40 per cent burns, 20 octobre 2026
Recherches complémentaires : The Workers Union – « Worker suffers 40% burns in devastating molten metal accident company fined £566,666 » (21 octobre 2026), Safety Notes – « LOLER Inspection in Hazardous Environments: Case Study & Best Practices », HSE Media Centre (page de synthèse, 20 octobre 2026), NBS – « New guidelines see health and safety fines rise » (lignes directrices du Sentencing Council en matière de santé et de sécurité)

