Plus de la moitié des salariés au Mexique renonceraient à une augmentation de salaire ou à une promotion pour un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. C’est ce que révèle l’étude Tendencias del Entorno Laboral en México 2026 du prestataire de ressources humaines Kelly Services México (août 2026, méthodologie et taille de l’échantillon non précisées), qui présente le bien-être au travail comme un facteur de plus en plus déterminant pour attirer et fidéliser le personnel. Le sujet dépasse les frontières du Mexique : à l’international, le recrutement évolue d’une logique de pure rémunération vers des conditions de travail plus larges (voir Contexte).
Que révèle l’étude ?
Parmi les personnes interrogées, 57 % se disent prêtes à renoncer à une augmentation de salaire ou une promotion pour un meilleur équilibre vie-travail. Par ailleurs, 64,35 % accordent une grande importance au respect des horaires et à des limites claires en dehors du travail, par exemple en réduisant les communications hors service. Le stress est cité par 39,31 % des participants parmi les principales plaintes physiques et émotionnelles liées au travail. Les horaires flexibles, le temps de repos rémunéré et les possibilités de développement sont d’autres aspects appréciés. L’étude s’inscrit dans une tendance plus large : le bien-être au travail pèse désormais autant que le salaire dans le choix d’un employeur et la décision d’y rester.
Que signifie cela pour les employeurs ?
Les résultats témoignent d’une évolution : les incitations financières seules ne suffisent plus à fidéliser le personnel au Mexique. Les auteurs de l’étude concluent que les employeurs doivent combiner un salaire conforme au marché avec de la flexibilité, un leadership impliqué et une attention aux risques psychosociaux pour retenir les talents ; un leadership insuffisant est cité parmi les facteurs de départ. Pour les services HSE et RH, la charge de travail et la politique des horaires s’intègrent de plus en plus à l’agenda de la santé et de la sécurité, aux côtés de thèmes classiques comme la sécurité physique, via des accords sur la disponibilité en dehors des heures de bureau et de l’espace pour le développement personnel.
Contexte
Ces résultats rejoignent les chiffres internationaux sur la santé mentale au travail. Selon un rapport conjoint de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de l’Organisation internationale du travail (OIT), environ 12 milliards de journées de travail sont perdues chaque année dans le monde à cause de la dépression et de l’anxiété, pour un coût économique estimé à près de 1 000 milliards de dollars ; environ 15 % des adultes en âge de travailler souffraient d’un trouble psychique en 2019, et seuls 35 % des pays disposent de programmes nationaux de prévention. Au Mexique, la norme NOM-035-STPS-2018 oblige déjà les employeurs à identifier, analyser et prévenir les facteurs de risque psychosociaux — charge de travail élevée, horaires longs, déséquilibre vie professionnelle/vie familiale —, inscrivant les résultats de l’étude dans un cadre réglementaire plus large.
Source : Bienestar laboral en México: 57% sacrificaría un aumento por un mejor equilibrio entre vida y trabajo, 28 septembre 2026
Sources complémentaires consultées : rapport conjoint OMS/OIT sur la santé mentale au travail (2022), NOM-035-STPS-2018 (norme mexicaine sur les facteurs de risque psychosociaux), articles sur l’étude TELM 2026 de Kelly Services México (Mundo Ejecutivo, Expansión)

