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TFA : avis final du RAC transmis à la Commission européenne

Vue aérienne d'une station d'épuration avec bassins
Image d'illustrationPhoto : Patrick Federi / Unsplash

Qu’est-ce que le TFA et pourquoi cet avis est-il important ?

L’acide trifluoroacétique (TFA) est une substance extrêmement persistante et très mobile dans l’eau, qui se forme lors de la dégradation de nombreuses autres substances PFAS, notamment certains produits phytosanitaires fluorés, des fluides frigorigènes et des médicaments. Comme le TFA ne se dégrade quasiment pas et se propage facilement via les eaux souterraines et de surface, il est considéré comme l’un des produits de dégradation des PFAS les plus difficiles à maîtriser. L’avis scientifique final du Comité d’évaluation des risques (RAC) de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) sur le TFA a désormais été transmis à la Commission européenne, a rapporté actuEL-HSE le 9 octobre 2026. L’ECHA a publié le texte définitif de l’avis début octobre, concluant formellement une évaluation que le RAC avait déjà arrêtée sur le fond en juin de cette année.

Que recommande précisément le RAC ?

Cet avis résulte d’une procédure de classification et d’étiquetage harmonisés (CLH) au titre du règlement européen CLP (CE) n° 1272/2008, sur proposition de l’Allemagne. Lors de sa 77e réunion plénière, tenue du 1er au 5 juin 2026 à Helsinki (Finlande), le RAC a adopté par consensus un avis en faveur d’un classement du TFA et de ses sels inorganiques, tels que le trifluoroacétate de sodium, comme substance toxique pour la reproduction de catégorie 1B (Repr. 1B, H360Df), en raison d’effets néfastes sur le développement fœtal. La mention « Df » signifie catégorie 1B pour les effets sur le développement de l’enfant à naître et une suspicion (catégorie 2) d’effets sur la fertilité. Le comité recommande en outre, pour la première fois pour le TFA, un classement comme substance persistante, mobile et toxique (PMT, EUH450) et comme substance très persistante et très mobile (vPvM, EUH451), ce qui reflète le risque de contamination diffuse et durable des eaux souterraines et de surface. Pour le TFA pur s’ajoutent une classification plus sévère pour la toxicité aiguë par inhalation (de la catégorie 4 à 3), une nouvelle classification par ingestion (catégorie 4) et la mention EUH071 (corrosif pour les voies respiratoires). L’avis du RAC est de nature scientifique et n’est pas en soi juridiquement contraignant ; il servira de base à une éventuelle modification de la liste de classification harmonisée de l’UE.

Quelle est la suite ?

Maintenant que l’avis est formellement entre les mains de la Commission européenne, c’est à elle d’évaluer si la classification CLP du TFA doit être modifiée. Si la Commission donne son accord, le nouveau classement deviendra contraignant dans toute l’UE via une modification de l’annexe VI du règlement CLP, après la période de transition habituelle accordée aux fabricants et importateurs. Point important : cette procédure de classification au titre du CLP est distincte du débat plus large mené au niveau européen sur une éventuelle restriction REACH visant les PFAS en tant que groupe de substances, même si un classement PMT/vPvM pourrait par la suite jouer un rôle dans des propositions de restriction. L’impact dépasse toutefois largement les frontières de l’UE : tout fabricant ou importateur qui met sur le marché européen du TFA, des sels de TFA ou des mélanges en contenant — des grands groupes chimiques aux producteurs de fluides frigorigènes, de produits phytosanitaires ou d’intermédiaires pharmaceutiques situés hors d’Europe — devra se conformer aux obligations renforcées d’étiquetage et de documentation dès leur entrée en vigueur. Pour les professionnels HSE du monde entier, il s’agit donc d’un dossier à suivre de près, bien au-delà des frontières de l’UE : une classification modifiée se répercute, via les fiches de données de sécurité et les étiquettes, sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement internationale des substances contenant du TFA ou pouvant s’y dégrader.

Contexte

Indépendamment de l’avis du RAC, une étude exploratoire européenne de biosurveillance a récemment été publiée, commandée par le groupe des Verts/ALE au Parlement européen et interprétée par des chercheurs de la Vrije Universiteit Amsterdam (Pays-Bas). Du TFA a été détecté dans le sang des 110 participants issus de neuf pays européens ; aucune différence nette n’a été constatée entre hommes et femmes. Cette étude ne fait pas partie de la procédure CLH et n’a pas été évaluée par le RAC, mais elle montre à quel point cette substance est désormais répandue, et pourquoi le TFA est de plus en plus considéré comme un sujet de préoccupation réglementaire à part entière.

Source : TFA : l’avis final du RAC transmis à la Commission européenne, 9 octobre 2026

Également consulté : avis RAC-77 de l’ECHA sur le TFA (réunion plénière du 1er au 5 juin 2026, Helsinki), via Food Packaging Forum, ISPRA (agence nationale italienne pour l’environnement) et CIRS ; étude de la Vrije Universiteit Amsterdam sur le TFA dans le sang de volontaires européens (vu.nl).

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