Les signalements américains d’accidents du travail graves recensent près de 1 000 accidents impliquant des scies à ruban depuis 2015, y compris sur des machines pourtant équipées de protections. C’est ce qu’affirme un fabricant de protections pour scies à ruban, sur la base de sa propre analyse de la base de données OSHA Severe Injury Report, dont Canadian Occupational Safety a fait état le 9 octobre 2026. Ce chiffre n’a pas été vérifié de manière indépendante.
Ce que montrent les chiffres
Depuis le 1er janvier 2015, l’autorité américaine de sécurité au travail OSHA impose aux employeurs de signaler, dans les 24 heures, les amputations, les hospitalisations et les pertes d’un œil. Cette base Severe Injury Report ne recense que les signalements des États placés sous la supervision fédérale directe, et non ceux des États disposant de leur propre programme de sécurité approuvé, comme la Californie. Selon l’analyse du fabricant, près de 1 000 accidents liés aux scies à ruban ont été signalés en une dizaine d’années environ. L’industrie de la transformation de la viande afficherait de loin le plus grand nombre de blessures, suivie par les fonderies. Selon le fabricant, cela s’explique surtout par le fait que ces secteurs utilisent de nombreuses scies à ruban pour des coupes variées, difficiles à automatiser.
Pourquoi la protection ne suffit pas toujours
Selon le fabricant, la majorité des accidents se produisent sur des scies déjà équipées d’une protection. Aucun pourcentage exact n’est précisé. Un représentant de l’entreprise souligne qu’une pièce, un morceau de métal ou un vêtement peut s’accrocher et entraîner une main vers la lame plus vite qu’un opérateur ne peut réagir. Il cite aussi, parmi les facteurs de risque importants, l’accoutumance chez les opérateurs expérimentés et une formation insuffisante ou trop peu fréquente des utilisateurs à temps partiel. Les employeurs, ajoute-t-il, n’investiraient aussi souvent dans une protection supplémentaire qu’après un accident. Ces déclarations méritent une nuance : elles proviennent d’un acteur ayant un intérêt commercial dans la protection des scies à ruban, qui utiliserait aussi, selon l’article, cette même base de données pour démarcher des clients potentiels. La base de données elle-même comporte également des limites. Les signalements sont soumis par les employeurs eux-mêmes et tous les États n’y participent pas. Le fabricant reconnaît lui-même qu’il est difficile de dire avec précision la fiabilité des chiffres, même s’ils donneraient tout de même une tendance générale.
Contexte
Aux États-Unis, les exigences spécifiques pour les scies à ruban figurent dans le 29 CFR 1910.213(i), qui fait partie des exigences relatives aux machines de travail du bois. La lame doit y être entièrement enfermée ou protégée, sauf dans la partie de travail située entre le bas des rouleaux de guidage et la table. Les volants doivent être entièrement encapsulés. Le grillage ou le métal perforé du carter de volant doit avoir une épaisseur d’au moins 0,94 mm (environ 0,037 pouce), avec des ouvertures d’au plus 9,5 mm (environ 3/8 de pouce). Chaque machine doit également être équipée d’un dispositif indiquant la tension correcte de la lame, afin d’aider à prévenir la rupture de celle-ci. Pour les scies à ruban utilisées hors du travail du bois, comme dans la transformation de la viande, ce sont les exigences générales de protection des machines qui s’appliquent aux États-Unis. En Europe, les scies à ruban relèvent de la directive Machines (remplacée par le règlement Machines à partir de janvier 2027) et de normes harmonisées telles que l’EN 1807 pour le travail du bois et l’EN 12268 pour l’industrie alimentaire.
Ce que cela signifie pour les employeurs
Même si les chiffres exacts restent incertains, le message est familier pour les responsables EHS du monde entier. Une protection seule ne garantit pas l’absence de blessure grave, car l’interaction entre l’opérateur, la pièce travaillée et la machine reste déterminante. Cela plaide pour des contrôles périodiques permettant de vérifier que les protections sont toujours complètes et correctement réglées, ainsi que pour une formation ciblée des travailleurs temporaires, à temps partiel et inexpérimentés. Cela plaide aussi pour une vigilance accrue sur le travail routinier des opérateurs expérimentés. Les employeurs qui utilisent des scies à ruban, quel que soit le secteur ou le pays, ont tout intérêt à confronter leurs propres registres d’incidents et de presqu’accidents à ce type de schéma. La protection n’est pas un dossier clos une fois qu’une machine a été homologuée. Même les scies à ruban existantes méritent une nouvelle évaluation des risques lorsque les méthodes de travail, les effectifs ou la gamme de produits ont changé.
Source : Guarded bandsaws still cause hundreds of severe injuries, data shows, 9 octobre 2026
Également consulté : la norme de protection des machines 29 CFR 1910.213(i), Bandsaws and band resaws.

