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Batteries lithium-ion : risque d’incendie accru des datacenters

Rangée d'armoires de batteries et de commutation industrielles dans une salle technique
Image d'illustrationPhoto : İsmail Enes Ayhan / Unsplash

Dans un nombre croissant de datacenters canadiens, les batteries lithium-ion remplacent les batteries au plomb traditionnelles comme alimentation de secours. Elles assurent la transition entre une coupure de courant et le démarrage des générateurs de secours. Plus compactes et plus puissantes que les batteries au plomb, elles présentent toutefois, en raison de leur forte densité énergétique, un nouveau type de risque d’incendie, avertit Brian O’Connor, ingénieur principal à la National Fire Protection Association (NFPA) américaine, dans la revue professionnelle canadienne Canadian Occupational Safety.

Pourquoi les batteries lithium-ion présentent-elles un nouveau risque d’incendie ?

Un incendie dans une cellule lithium-ion survient généralement lorsque le séparateur interne est endommagé ou devient trop fin, provoquant un court-circuit. La chaleur ainsi produite vaporise l’électrolyte en un gaz inflammable et toxique, qui peut faire éclater la cellule avec un effet de chalumeau ; dans un espace confiné, cela peut même provoquer une explosion. Selon O’Connor, la sécurité incendie doit donc être intégrée dès la phase de conception, et non ajoutée après coup.

Comment un incendie se propage-t-il entre les cellules de batterie ?

Comme les cellules de batterie sont souvent serrées les unes contre les autres, une défaillance dans une cellule peut se propager aux cellules voisines en quelques secondes. « Les six à neuf cellules de batterie tout autour de la première ont déjà commencé à défaillir », explique O’Connor. « À partir de là, c’est un peu comme un effet domino. » Certains systèmes disposent de barrières thermiques entre les cellules, mais ce n’est pas une norme fixe. Le boîtier robuste qui rend les batteries durables complique aussi la tâche des pompiers pour atteindre les cellules à l’eau une fois qu’elles s’enflamment. Selon O’Connor, les datacenters disposent souvent de systèmes avancés de détection et d’extinction ; l’extinction par gaz est largement privilégiée pour préserver des équipements coûteux.

Comment les datacenters peuvent-ils maîtriser ce risque ?

Les datacenters présentent déjà, par nature, des risques thermiques et électriques importants. Les batteries sont utilisées comme alimentation sans interruption (ASI), parfois regroupées dans une seule batterie centrale, parfois réparties entre les baies de serveurs. L’article renvoie à la norme NFPA 855, la norme américaine relative à l’installation des systèmes stationnaires de stockage d’énergie. Le refroidissement liquide, en plein essor, augmente encore la densité de stockage, ce qui accroît la valeur des équipements exposés en cas d’incendie. Selon la source, cette tendance rejoint des recherches techniques récentes menées à l’Université de Waterloo (Ontario, Canada) sur les risques liés aux batteries dans les datacenters d’IA. O’Connor plaide pour une approche fondée sur le cycle de vie plutôt que sur une simple étape d’installation : « Veillez à ce que la sécurité soit mise sur la table dès les premières phases de planification. » Comme les grandes installations, tout comme les batteries grand public, perdent de la capacité avec le temps, la fin de vie doit elle aussi être planifiée à l’avance : « On ne veut pas se retrouver avec un grand système de batteries abandonné quelque part », conclut O’Connor. Les batteries au plomb présentent elles aussi un risque d’emballement thermique et sont plus familières aux pompiers, mais le lithium-ion est plus léger et délivre davantage de puissance dans moins d’espace, ce qui complique le plan de sécurité incendie.

Contexte

Que ce risque ne soit pas théorique s’est confirmé le 26 septembre 2025 lors d’un incendie dans un datacenter de Daejeon, en Corée du Sud : une explosion de batterie présumée y a déclenché un emballement thermique dans près de deux cents blocs de batteries lithium-ion, mettant hors service des centaines de services gouvernementaux en ligne, a rapporté International Fire and Safety Journal. L’Agence nationale des pompiers de Corée du Sud a recensé 296 incendies de batteries au premier semestre 2025, causant 23 victimes et 22,4 milliards de wons (KRW) de dégâts. Selon le cabinet d’analyse IDTechEx, il n’existe encore aucune réglementation mondiale pour les systèmes de stockage par batteries dans les datacenters, alors que la consommation électrique des datacenters devrait plus que tripler d’ici dix ans.

Pour les professionnels HSE du monde entier, cette évolution souligne que le stockage par batteries n’est pas une simple question technique ou financière, mais relève d’une politique de sécurité incendie qui appelle une attention particulière dans presque toutes les juridictions. À mesure que les installations basculent vers une alimentation de secours au lithium-ion, la nécessité grandit de revoir conjointement la détection, les capacités d’extinction, la formation des secours et la planification de la fin de vie, plutôt que de traiter la sécurité incendie comme une simple formalité administrative ponctuelle.

Source : Lithium-ion batteries bring new fire risks to Canadian data centres, 30 octobre 2026

Recherches complémentaires : Fire prevention lessons emerging from data centre battery failures, International Fire and Safety Journal, 6 octobre 2025

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