L’absentéisme chez les employeurs belges a reculé de 6,7 % au premier semestre 2026, prolongeant la baisse observée depuis 2025, selon Securex.
L’absentéisme chez les employeurs en Belgique a fortement reculé au premier semestre 2026 par rapport à la même période un an plus tôt. C’est ce que montre une étude du prestataire de services RH Securex, menée sur la base des données de 21 107 employeurs et 163 231 travailleurs. L’association belge de sécurité au travail Prebes a relayé ces chiffres. Le taux d’absentéisme global a diminué de 6,7 %, passant de 8,62 à 8,04 %. Ce pourcentage représente le nombre de jours ouvrés sur cent non prestés en raison de maladie. Selon Securex, cette baisse prolonge une tendance amorcée en 2025, année où l’absentéisme avait reculé de façon significative pour la première fois en 25 ans.
Que montre précisément l’étude de Securex ?
Securex distingue trois types d’absentéisme, une répartition courante dans la gestion de l’absentéisme car l’absence de courte, moyenne et longue durée renvoie généralement à des causes différentes et appelle une approche différente en matière de prévention et de réintégration. L’absentéisme de longue durée, pour les travailleurs absents plus d’un an, a diminué de 4,6 %, passant de 3,45 à 3,29 % des jours ouvrés. L’absentéisme de moyenne durée, entre un mois et un an d’absence, a reculé de 6,9 %, de 2,46 à 2,29 %. Chez les ouvriers, l’absentéisme de moyenne durée a diminué de 11 % ; chez les employés, il est resté statistiquement stable selon Securex. L’absentéisme de courte durée, de moins d’un mois, a connu le recul relatif le plus marqué : 9,2 %, passant de 2,71 à 2,46 % des jours ouvrés.
Quelles explications Securex avance-t-elle elle-même ?
Securex met la baisse de l’absentéisme de longue durée en relation avec plusieurs facteurs : l’accompagnement personnalisé des travailleurs absents de longue durée, un suivi précoce et des trajets de réintégration, ainsi qu’un accès, selon elle, plus facile pour les employeurs et les travailleurs à des instruments comme le Fonds Retour au travail de l’Institut national d’assurance maladie-invalidité (INAMI). Fait notable, Securex indique que ces chiffres contredisent sa propre attente : début 2026, la période dite de rechute a été allongée, si bien que les travailleurs ne retrouvent le droit au salaire garanti payé par l’employeur en cas de maladie qu’après huit semaines de reprise du travail, au lieu de deux semaines auparavant. Cette mesure devait, selon les attentes, entraîner une hausse de l’absentéisme, ce qui, d’après les chiffres, ne s’est pas produit. Securex formule elle-même ces liens avec prudence : les initiatives « semblent » porter leurs fruits et les mesures ont « peut-être » déjà un effet. Les chiffres ne démontrent pas de lien de causalité.
Contexte
Les chiffres belges tranchent avec la tendance plus large observée en Europe. Les données de l’OCDE pour la période 2010-2024, citées par le média RH mind HR, montrent que l’absentéisme augmente au contraire dans la plupart des pays européens, en particulier chez les femmes, les travailleurs plus âgés et, depuis la pandémie de coronavirus, les travailleurs de moins de 30 ans. Selon mind HR, l’Espagne et le Portugal arrivent en tête, avec une hausse de 2,3 points de pourcentage du nombre de jours d’absence entre 2010 et 2024, tandis que l’absentéisme reste faible et stable depuis quinze ans en Bulgarie et en Roumanie. Pour les professionnels HSE du monde entier, cela souligne l’importance de disposer de chiffres d’absentéisme mesurés avec rigueur et cohérence. Les systèmes nationaux d’indemnisation de la maladie et les méthodes de mesure diffèrent, si bien que les chiffres d’absentéisme de différents pays ne peuvent pas simplement servir de référence directe les uns par rapport aux autres.
Source : Absenteïsme is sterk gedaald in eerste helft van 2026, 1er octobre 2026
Recherches complémentaires : HR Square, De Specialist, mind HR

