L’Institut national espagnol de sécurité et de santé au travail (Instituto Nacional de Seguridad y Salud en el Trabajo, INSST) a publié le 24 septembre 2026 un nouveau rapport sur la situation sociodémographique et les accidents du travail des jeunes travailleurs en Espagne. L’étude porte sur la tranche d’âge de 16 à 34 ans et la compare aux travailleurs de 35 ans et plus, en portant une attention particulière aux différences entre hommes et femmes au sein de la population active jeune.
Pour cette analyse, l’INSST a combiné plusieurs sources de données : les données d’enregistrement de la sécurité sociale, l’enquête régulière sur la population active (Encuesta de Población Activa, EPA), un module EPA spécifique consacré aux jeunes datant de 2024, et les registres officiels des accidents du travail. Cette combinaison vise à offrir une image plus complète que les seuls chiffres d’accidents, car le type de contrat, le secteur et la position sur le marché du travail des jeunes peuvent être étroitement liés à leur exposition aux risques professionnels.
Contexte
Également examiné : l’indicateur INSST « Jóvenes y trabajo » (2024). Ces données INSST connexes, portant sur la tranche d’âge légèrement plus jeune de 16 à 30 ans, montrent que la précarité contractuelle diminue fortement avec l’âge : parmi les travailleurs de 16-17 ans en Espagne, 79,7 % avaient un contrat temporaire, contre 45,9 % chez les 18-23 ans et encore 27,3 % chez les 24-30 ans. Parmi les accidents du travail graves et mortels enregistrés en 2024, 151 cas concernaient la tranche 18-23 ans et 296 cas la tranche 24-30 ans, l’hôtellerie-restauration figurant parmi les secteurs où les jeunes travailleurs sont relativement souvent impliqués dans des accidents graves. Ces chiffres concernent une tranche d’âge légèrement différente de celle du nouveau rapport (16-34 ans) et doivent donc être considérés comme indicatifs de la tendance générale, et non comme un reflet exact de la nouvelle étude.
Les contrats temporaires comme facteur de risque
Le lien entre travail temporaire et risque d’accident est une préoccupation bien connue des experts en sécurité au travail dans toute l’Europe : les jeunes travailleurs se voient plus souvent proposer des contrats de courte durée, bénéficient de moins de temps pour se familiariser avec un poste donné, et sont plus souvent employés dans des secteurs physiquement exigeants tels que l’hôtellerie-restauration, la construction et la logistique. Le nouveau rapport de l’INSST semble vouloir étayer cette tendance à l’aide de chiffres plus récents et plus détaillés pour 2024, incluant une ventilation par genre, un exercice moins souvent réalisé systématiquement à l’échelle internationale.
Deux documents, un seul message
L’INSST a réparti ses conclusions entre deux publications : un rapport technique complet destiné à ceux qui souhaitent approfondir la méthodologie et les tableaux détaillés, et une courte « píldora informativa » (pilule d’information) résumant de façon concise les principales conclusions à l’intention des décideurs politiques et des employeurs. Cette approche en deux volets illustre la manière dont l’institut cherche souvent à rendre des statistiques complexes accessibles à un public plus large, y compris les inspections du travail et les services de prévention chargés de traduire ces chiffres en politiques concrètes sur le lieu de travail.
Pour les professionnels HSE hors d’Espagne, ce rapport est pertinent car les facteurs de risque sous-jacents — le manque d’expérience, les contrats de travail temporaires et la surreprésentation dans les emplois physiquement exigeants — ne sont pas propres à l’Espagne. Des tendances similaires ont déjà été signalées par Eurostat et l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), qui identifient structurellement les jeunes travailleurs dans l’ensemble de l’Union européenne comme un groupe à risque accru. Le rapport espagnol peut ainsi servir d’étude de cas sur la manière dont un État membre tente de cartographier systématiquement cette problématique.
Remarque éditoriale : l’annonce originale de l’INSST ne contient pas elle-même de chiffres concrets sur le nombre ou le pourcentage d’accidents du travail chez les jeunes ; ceux-ci ne sont présentés que dans le rapport technique complet et la « píldora informativa ». Les chiffres cités dans la section Contexte proviennent d’un indicateur INSST connexe, mis à jour en permanence, portant sur une tranche d’âge légèrement différente (16-30 ans au lieu de 16-34 ans), et servent à illustrer la tendance générale.
Source : Población trabajadora joven: perfil sociodemográfico y siniestralidad laboral. Datos 2024, 24 septembre 2026

