L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), l’agence nationale française de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail, a publié un rapport sur les effets sur la santé des horaires atypiques. Cette notion recouvre notamment les longs postes, les horaires décalés et le travail structurel le week-end. Selon l’Anses, ce type d’horaires concerne une majorité de la population active et le sujet mérite donc une attention plus large de la part des employeurs et des autorités de contrôle.
Le rapport identifie trois domaines de santé sur lesquels les horaires atypiques ont un impact démontré : la qualité du sommeil, la santé mentale et le risque cardiovasculaire des travailleurs. Un sommeil perturbé ou insuffisant, lié à des postes irréguliers ou décalés, peut à terme contribuer à des troubles de la fatigue et à un risque accru d’erreurs et d’accidents sur le lieu de travail. Par ailleurs, l’Anses souligne des liens entre ce type d’horaires et une sollicitation accrue du système cardiovasculaire, ainsi que des effets négatifs sur le bien-être psychique des travailleurs.
Sur la base de ces constats, l’Anses recommande de limiter le recours régulier aux horaires atypiques aux situations où celui-ci s’avère réellement nécessaire, par exemple pour des raisons de continuité d’activité ou de services ne pouvant être interrompus. L’agence appelle ainsi à une politique d’horaires plus mesurée et plus réfléchie, plutôt qu’un recours systématique aux longs postes, aux horaires décalés et au travail le week-end comme élément permanent de l’organisation du travail.
Pour les professionnels HSE, cette recommandation est pertinente dans la mesure où la politique d’horaires touche directement des thématiques centrales de la santé et sécurité au travail : la gestion de la fatigue, la charge psychosociale et la prévention des maladies cardiovasculaires. Les employeurs qui recourent structurellement aux horaires atypiques ont intérêt à évaluer leurs pratiques d’organisation du travail au regard de la nécessité opérationnelle réelle, et à envisager, dans la mesure du possible, des alternatives telles que des postes plus prévisibles, un temps de récupération suffisant entre les postes et un suivi ciblé des troubles du sommeil et de la santé chez les salariés travaillant en horaires variables ou en longs postes. Pour les autorités de contrôle et les médecins du travail, le rapport offre des pistes pour intégrer plus explicitement les horaires atypiques dans les évaluations des risques et les études de santé, compte tenu de l’ampleur du groupe de travailleurs concerné.
Le rapport ne contient pas de données quantitatives précises sur l’ampleur exacte des risques ou sur des secteurs spécifiques ; il expose principalement les grandes lignes des effets sur la santé et la recommandation de modération. Pour des lignes directrices de mise en œuvre détaillées, l’Anses renvoie au rapport complet.
Source : L’Anses recommande de limiter le recours aux horaires atypiques, 3 septembre 2026, https://actuel-hse.fr/content/lanses-recommande-de-limiter-le-recours-aux-horaires-atypiques
