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Le budget SST français augmente malgré les coupes

Piles de documents papier et de dossiers sur un bureau
Image d'illustrationPhoto : Wesley Tingey / Unsplash

Que prévoit le budget ?

Le 1er octobre 2026, le gouvernement français a présenté son projet de budget pour 2027, le Projet de Loi de Finances (PLF 2027). Le gouvernement Lecornu y associe un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros, destiné à réduire le déficit public. Fait notable, au sein de ce budget resserré, les crédits consacrés à la santé et à la sécurité au travail progressent tout de même, rapporte le média professionnel actuEL-HSE.

Ces crédits transitent généralement par le programme budgétaire du ministère du Travail consacré à la qualité du travail et aux relations professionnelles. Il finance notamment la mise en œuvre du plan national d’action pour la santé au travail ainsi que la subvention versée à l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact), l’organisme public français qui accompagne surtout les petites et moyennes entreprises en matière de prévention. Les informations publiquement disponibles ne précisent pas de montant total exact pour 2027 ; selon actuEL-HSE, ce poste échappe à la tendance générale aux économies.

Quelles conséquences pour la pratique ?

Pour les employeurs et les professionnels HSE actifs en France, cela traduit avant tout une continuité : le budget public consacré à la prévention et à la sécurité au travail ne semble pas être réduit, à un moment où d’autres politiques publiques doivent, elles, économiser. La manière dont ces moyens supplémentaires seront précisément répartis devra ressortir de la suite de l’examen budgétaire.

Cette hausse contraste toutefois avec un autre débat budgétaire français en cours au même moment. Pour 2027, le gouvernement souhaite économiser environ 800 millions d’euros sur la branche de la sécurité sociale qui indemnise les accidents du travail et les maladies professionnelles, la branche accidents du travail-maladies professionnelles (AT-MP). Selon le ministère, sans mesures correctives, cette branche devrait afficher un déficit de 1,5 milliard d’euros en 2027. Alors que le budget de prévention augmente donc, le volet indemnisation reste sous pression, dans un pays où 764 accidents du travail mortels ont été recensés en 2024 dans le régime général des salariés. Selon l’Assurance Maladie, il s’agissait de la quatrième année consécutive de dégradation des indicateurs de sécurité.

Contexte

Un budget national consacré à la santé et à la sécurité au travail n’est pas un phénomène propre à la France : la quasi-totalité des pays réserve, dans son budget national, une enveloppe distincte pour une inspection du travail, des organismes publics de prévention et la recherche sur les risques professionnels. L’ampleur et la stabilité de cette enveloppe déterminent directement le nombre de visites d’entreprises et de contrôles qu’un service d’inspection peut mener, ainsi que le niveau d’accompagnement gratuit dont bénéficient les petites entreprises, souvent dépourvues de service HSE propre. Pour les professionnels HSE du monde entier, ce type de choix budgétaire constitue donc un indicateur utile de la priorité qu’un gouvernement accorde au contrôle et à la prévention. Au sein de l’Union européenne, le cadre stratégique 2021-2027 pour la santé et la sécurité au travail souligne d’ailleurs l’importance d’inspections du travail bien dotées, dans le but de continuer à réduire le nombre d’accidents du travail mortels.

Source : PLF 2027 : malgré les économies, les crédits consacrés à la santé et à la sécurité au travail en hausse, actuEL-HSE, 5 octobre 2026

Également consulté : Échos Plus et Journal du Net, sur les économies prévues sur la branche AT-MP de la sécurité sociale française (juillet 2026) ; chiffres annuels 2024 de l’Assurance Maladie (Assurance Maladie – Risques professionnels).

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