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Modèle allemand d’Aix-la-Chapelle contre la violence au travail

Accueil dans un lieu de travail ouvert au public
Image d'illustrationPhoto : Wafiq Raza / Unsplash

En Allemagne, un nouveau cadre d’évaluation des risques pour la prévention de la violence au travail gagne du terrain : le « modèle d’Aix-la-Chapelle », mis au point par l’assureur Unfallkasse NRW en collaboration avec la police d’Aix-la-Chapelle. Unfallkasse NRW est l’assureur légal contre les accidents du travail pour le secteur public du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Le modèle vise les postes très exposés au public, particulièrement touchés, selon la source, par la violence verbale et psychologique. Selon la DGUV, la fédération allemande de l’assurance légale contre les accidents du travail, environ un accident du travail déclaré sur soixante est aujourd’hui dû à la violence.

En quoi consiste le modèle d’Aix-la-Chapelle ?

Le modèle répartit les postes de travail en quatre niveaux de risque, du plus faible au plus élevé, et en déduit des mesures de protection adaptées. Les niveaux ne sont pas strictement cloisonnés : la prévention doit toujours tenir compte du niveau de risque immédiatement supérieur. Le principe de base est la « tolérance zéro envers les actes de violence ». Selon le modèle, la prévention de la violence relève de la responsabilité de la direction.

Quelle est l’ampleur de la violence au travail ?

En 2022, la DGUV a enregistré plus de 13 000 accidents du travail liés à des violences, menaces et incidents similaires. Une enquête menée en 2025 par l’institut Forsa pour la confédération syndicale DGB auprès des agents du secteur public montre que la moitié des personnes interrogées ont déjà été entravées, insultées ou agressées au travail. 84 % estiment que les rapports humains sont devenus plus irrespectueux et plus rudes. Par ailleurs, 38 % ont été confrontés à des formes de violence numérique, comme des menaces en ligne, et 13 % en ont été directement victimes. Dès décembre 2023, la DGUV avait lancé la campagne « Gewalt angehen » (« S’attaquer à la violence ») pour sensibiliser les employeurs à ce risque.

Quelles mesures les employeurs peuvent-ils prendre ?

Au-delà d’une évaluation des risques par fonction ou par site, la source insiste surtout sur l’importance de la prévention au quotidien : un traitement respectueux et une communication ouverte et sincère comptent, selon elle, bien plus que des mesures techniques ou organisationnelles isolées. Concrètement, la source évoque une culture d’entreprise fondée sur une tolérance zéro clairement affichée, des responsables qui la font respecter et sanctionnent si nécessaire, ainsi qu’une attention structurelle portée à la charge psychique des salariés.

Contexte

Le problème ne se limite pas à l’Allemagne. Selon des estimations fondées sur la Crime Survey for England and Wales, l’Angleterre et le pays de Galles ont enregistré 689 000 incidents de violence ou de menaces au travail en 2024/25, touchant 329 000 travailleurs. Le risque est le plus élevé dans les métiers à mission de protection (6,8 % des salariés) et dans les métiers d’appui du secteur de la santé et de l’aide sociale (2,7 %, en moyenne sur 2023/24-2024/25). Les chiffres ne sont pas directement comparables : la DGUV comptabilise des accidents du travail déclarés, tandis que la HSE s’appuie sur une enquête. Tous deux montrent néanmoins que la violence envers le personnel est loin d’être un phénomène marginal.

Source : Haufe Arbeitsschutz : Aachener Modell: Gewaltprävention im Betrieb, 24 septembre 2026

Recherches complémentaires : HSE, Violence at work statistics 2024/25

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