Vendredi 16 octobre 2026Actualités fiables sur la sécurité, la santé et l’environnement
ActualitésAutre

ESENER : dialogue social en baisse, numérique en hausse

Espace de bureau vide avec des postes de travail
Image d'illustrationPhoto : Alesia Kazantceva / Unsplash

Un outil de visualisation de données actualisé de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) dresse un constat contrasté : les travailleurs sont moins souvent associés à la gestion des risques psychosociaux, tandis que la numérisation devient un sujet de concertation de plus en plus fréquent sur le lieu de travail. L’outil met en parallèle trois éditions de l’enquête européenne des entreprises sur les risques nouveaux et émergents (ESENER) – 2014, 2019 et 2024.

Moins de participation sur les risques psychosociaux

La part des lieux de travail où les travailleurs participent à la conception de mesures contre les risques psychosociaux est passée de 61 % en 2019 à 55 % en 2024. Le nombre de visites d’inspection du travail affiche lui aussi une tendance à la baisse, selon l’EU-OSHA. Dans le même temps, un quart des organisations interrogées déclarent ne pas identifier les risques psychosociaux comme une préoccupation, et 21 % des entreprises qui les identifient les jugent plus difficiles à maîtriser que les autres risques professionnels. Dans les pays nordiques, les entreprises qui signalent des risques psychosociaux les jugent plus souvent difficiles à gérer : 38 % en Suède et 37 % au Danemark, contre 21 % en moyenne européenne.

La numérisation gagne du terrain

Alors que la participation des travailleurs recule sur les risques psychosociaux, elle progresse autour des technologies numériques. La part des entreprises consultant leurs salariés sur les effets de la numérisation pour la santé et la sécurité est passée de 24 % en 2019 à 35 % en 2024 (parmi les entreprises utilisant des technologies numériques). Les évaluations des risques intègrent désormais les technologies numériques dans 43 % des lieux de travail, et 42 % des entreprises proposent une formation sur ce sujet. Les organisations citent surtout comme risques concrets une intensité de travail accrue (34 %), la surcharge d’information (32 %) et l’effacement de la frontière entre vie professionnelle et vie privée (27 %).

La réglementation reste le principal moteur

Malgré ces évolutions, le respect de la législation demeure la principale raison pour laquelle les employeurs européens agissent en matière de sécurité au travail, selon l’EU-OSHA. Les chiffres sont issus d’ESENER 2024, pour lequel plus de 41 000 établissements dans 30 pays européens ont été interrogés. L’outil de visualisation actualisé est disponible en 25 langues et permet de comparer les tendances sur les trois éditions.

Contexte

Le recul de l’implication des travailleurs face aux risques psychosociaux est à noter au regard des lignes directrices internationales en la matière. La norme ISO 45003:2021, consacrée à la gestion des risques psychosociaux au sein d’un système de management de la santé et de la sécurité au travail, repose sur l’implication des travailleurs et, le cas échéant, de leurs représentants. Publiée en juin 2021, elle s’applique aux organisations de toute taille et de tout secteur et s’inscrit dans le prolongement du référentiel ISO 45001 pour la sécurité au travail.

Source : From worker participation to digitalisation: explore ESENER trends over time, 24 septembre 2026

Recherches complémentaires : Prolonged sitting, psychosocial risks and digitalisation top workplace safety and health concerns, new EU survey reveals, communiqué de presse EU-OSHA ; ISO 45003:2021 – Psychological health and safety at work, ISO

Défiler vers le haut