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Le Fonds amiante belge reconnaît 158 cas de mésothéliome en 2025

Entrepôt industriel usé avec toit en tôle ondulée sous un ciel nuageux, sans lieu, logo ni personne reconnaissables
Image d'illustrationPhoto : Volodymyr Kobozov / Unsplash

Le Fonds des maladies professionnelles belge pour l’amiante (AFA) a publié son rapport annuel 2025. L’an dernier, le fonds a reconnu 158 cas de mésothéliome, une forme agressive de cancer touchant notamment la plèvre pulmonaire, qui dans l’immense majorité des cas est causée par l’amiante. L’AFA a versé au total 21,84 millions d’euros aux victimes et à leurs ayants droit, bien que le nombre de nouveaux cas reste, selon le fonds, toujours très élevé.

Que révèlent les chiffres de l’AFA ?

Parmi les 158 victimes de mésothéliome reconnues en 2025, la maladie est apparue chez 110 personnes (69,6 %) en raison d’une exposition professionnelle à l’amiante chez des travailleurs du secteur privé. Chez 41 victimes (25,9 %), il s’agissait d’une exposition environnementale hors cadre professionnel, par exemple dans l’environnement résidentiel, dans des bâtiments où de l’amiante est encore présente, ou à proximité d’anciens sites industriels.

Pour l’ensemble des affections liées à l’amiante, et pas seulement le mésothéliome, le Fonds amiante a accordé en 2025 un total de 1.451 indemnisations. Parmi les dossiers traités figuraient 344 nouveaux cas, dont deux tiers ont été approuvés. L’AFA indique que le nombre de victimes reconnues diminue depuis trois ans, mais souligne que le niveau de 2025 reste malgré tout très élevé.

Pourquoi surtout la Flandre ?

La majorité des bénéficiaires du Fonds amiante résident en Flandre, la région néerlandophone de Belgique. Sur les 21,84 millions d’euros versés par le fonds en 2025, 14 millions d’euros sont allés à des victimes et ayants droit de cette région. L’AFA explique cela par la population plus importante de la Flandre, le passé industriel de plusieurs régions et la répartition géographique des expositions.

Outre les indemnisations financières, le Fonds amiante accompagne les victimes et leurs proches, et mène des actions de sensibilisation pour prévenir toute nouvelle exposition à l’amiante.

Contexte

Selon la fiche d’information de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’élimination des maladies liées à l’amiante, toutes les formes d’amiante sont classées par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) comme cancérogènes pour l’homme (groupe 1), et aucun seuil d’exposition sûr n’existe. L’OMS souligne également que les affections liées à l’amiante, comme le mésothéliome, n’apparaissent généralement qu’après une période de latence de plusieurs décennies. Les pays qui ont interdit l’amiante depuis longtemps continuent donc, pendant des décennies, à être confrontés à de nouveaux cas. La Belgique a interdit l’usage de l’amiante en 1998. Cette longue latence explique pourquoi, en 2025, près de trois décennies après l’interdiction belge, le Fonds amiante reconnaît encore un nombre important de nouvelles victimes.

Pour les professionnels HSE du monde entier, ces chiffres confirment un schéma bien connu : l’amiante reste l’une des principales causes de cancer professionnel, même dans les pays où son usage est interdit depuis des décennies. La gestion sûre des bâtiments contenant des matériaux amiantés historiques, ainsi que des précautions rigoureuses lors des travaux de démolition et de rénovation, demeurent donc des points d’attention essentiels des politiques de sécurité – non seulement en Belgique, mais dans tout pays ayant un passé industriel.

Source : Asbestfonds publiceert jaarverslag 2025, 28 octobre 2026

Recherches complémentaires : WHO fact sheet: Asbestos – elimination of asbestos-related diseases

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